Chinchero est un village typique, située à 3760 mètres d’altitude et à une trentaine de kilomètres de Cusco.

Considéré comme le lieu de naissance de l’arc-en-ciel pour les Incas car il est possible d’y en voir fréquemment d’incroyables, traversant les champs de pommes de terre, pendant la saison des pluies.

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Chinchero est reconnu internationalement pour ses remarquables tisseuses qui perpétue la tradition Inca grâce à la technique du tissage à la ceinture. Des milliers de touristes, partant en direction du Machu Picchu, traversent le centre historique pour voir les tisseuses dans leur costumes traditionnels rouge et noir, le marché traditionnel du dimanche et les nombreux centres de tissages.
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Elles teignent également naturellement leur laine d’alpaca, lama ou de mouton grâce aux plantes, graines, insectes ou minéraux qui les entourent.

Les femmes apprennent à tisser de mère en fille et le tissage fait partie intégrante de leur vie quotidienne, représentant un revenu important pour leurs familles.

« J’ai appris que chaque pièce confectionnée incarne l’esprit, les connaissances et l’histoire personnel de chaque tisseur ». « Le tissage est un art, une expression de notre culture, géographie, histoire. Il lie avec un fil infini chaque individu de la communauté. Nilda Callanaupa, directrice du CTTC, Centre de Textiles Traditionnels de Cusco.

Je vous conseille vivement de visiter ou simplement regarder le site du Musée de Textiles de Cusco crée par Nilda. Vous pouvez également prendre des cours de tissage à la ceinture !

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J'ai eu la chance de vivre une semaine chez la tisseuse Fortunata et sa famille. Elle m'a enseigné chaque étape de la confection d'un vêtement traditionnel: du nettoyage de la laine en passant par le filage, les teintures naturelles et le tissage à la ceinture.
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1 ère & 2 ème étape étape: Nettoyage Naturel de la Laine et Filage

Les tisseuses élèvent des moutons et alpaga dans les montagnes de leur village et, une fois par an, les animaux sont tondus; fournissant ainsi leur matière première.

Fortunata frottera longuement dans un bol une plante, un détergent naturel, qui lui permettra d’obtenir un liquide mousseux pour laver la laine sale. Elles utilisent également cette plante comme shampoing ! Dans un autre bol, elle filtrera les morceaux pour n’obtenir qu’une mousse fine. Elle y trempera alors un morceau de laine qu’elle pourra nettoyer et faire sécher au soleil. Plus elle le fera tremper, plus le morceau de laine blanchira. Il faudra répéter ce processus et obtenir une nouvelle mousse propre pour chaque morceau de laine.

Imaginez donc le temps dévoué à simplement nettoyer leur laine…!

La laine est alors prête à être filée à l’aide d’un fuseau appelé pushka. Les tisseuses réalisent souvent cette activité en marchant ou en faisant d’autres activités.. Fortunata m’avait d’ailleurs dit un jour « on a pas une minute à perdre » !

La tisseuse peut enfin teindre ses fils ! Une fois la coloration terminée, elles filent à nouveau sur un fuseau plus gros pour en faire un double fil. C’est ce qui rend le fil incassable lors du tissage et le produit de meilleure qualité.

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3 ème étape: Les Secrets des Teintures Naturelles

Fortunata fait alors chauffer au feu de bois de l’eau dans sa casserole. Elle y introduit quelques pincées d’une poudre, puis met son fil blanc dans l’eau bouillante. Après quelques minutes, en ressort alors une couleur orangée. Elle le trempe à nouveau quelques minutes puis un fil rouge vif apparait !

Comment réalisent-ils donc cette incroyable palette de couleurs? Voici les secrets derrière chaque couleur naturelle !

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Comment obtenir du rouge?

C’est grâce aux cochenilles, des petits insectes, récoltés sur les cactus que les tisseuses obtiennent 24 tonalités différentes de rouges: du pourpres au orange et rose, jusqu’aux violets foncés voire presque noir. Les cochenilles produisent dans leur tissus un pigment bordeaux. Après avoir fait sécher au soleil les cochenilles pendant une quinzaine de jours, les tisseuses doivent les moudre pour obtenir une poudre aux tonalités bordeaux foncés. Celle-ci sera introduit dans l’eau bouillante et permettra donc au fil de se teindre en différentes tonalités de rouge en fonction du temps que la tisseuse laissera le fil tremper.

Pour la petite histoire, elle utilise même le sang de la cochenille pour se faire un rouge à lèvre naturel !

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Sachez qu’il faut 70,000 insectes pour produire 1 demi-kilo de poudre

Le rouge et ces dérivés sont les couleurs les plus utilisées. De nos jours, elle coûte relativement chère aux tisseuses; jusqu’à 8 fois plus cher qu’un colorant commercial non naturel…

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Pour obtenir une tonalité comme du orange ou du violet clair, elles peuvent ajouter du citron, une pierre appelée Lumbre ou bien du sel de Maras, un village non loin de Chinchero.

Pour fixer la couleur, elles utilisent un minéral trouvé dans la jungle, appelé collpa.

Le vert est obtenu avec les feuilles de chilca. Si elle veut éclaircir le vert, elle utilise la poudre ci-dessous, qui est une terre venant d’une mine de Colpa.

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Le jaune s’obtient grâce au feuilles de colle.
Le violet grâce au maïs morado.
Les teintes de couleurs briques grâce aux barbas de la roca.
Enfin, la couleur marron avec les feuilles de Nogal.

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Comment obtenir du bleu? La couleur bleue est très difficile à réaliser. La préparation est longue si elle utilise la piedra (pierre) indigo moulu en poudre et l’attente pour que la couleur se fixe est de un mois ! Elle utilise également la Flor (fleur) de Ancash, plus facile à teindre mais plus rare car elle se trouve qu’à une certaine période de l’année.

Le noir n’est pas teint, c’est une couleur naturelle.

Exceptées les couleurs rouges et vertes qui ont leur végétaux spécifiques pour s’éclaircir, Fortunata éclaircit les autres couleurs seulement en fonction de la quantité de plantes versé et du temps à laisser la laine bouillir.

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5 ème et dernière étape: Le Tissage à la Ceinture, un Art Ancestral

Pour tisser, Fortunata utilise une planche où ses fils sont attachés selon l’emplacement du motif qu’elle souhaite. Un bout de cette planche s’attache à un arbre par exemple tandis que l’autre bout s’encercle autour de sa hanche, d’où l’appellation de tissage à la ceinture.

Sur cette planche se trouvent des bâtonnets en bois d’eucalyptus. Ils sont disposés de façon à séparer les fils et pouvoir ainsi obtenir lors du tissage un côté réversible pour un meilleur produit fini.

On trouve également un os de lama qui sert à séparer les fils plus facilement pour pouvoir descendre les bâtonnets, disposer la trame et ainsi obtenir le tissage.

Chaque motif est fait main et a une symbolisation montrant l’histoire personnelle du tisseur, son identité à un village ou bien l’histoire de ces ancêtres incas.

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Un grand merci à Fortunata et sa famille pour cette expérience incroyable que j’ai vécu à leurs côtés. Si partager le quotidien d’une famille de Chinchero vous intéresse et que vous voulez vivre une authentique expérience, je serai ravie de vous mettre en contact.

Pour en savoir plus, vous pouvez également lire mon article sur la semaine que j’ai passé à leur côtés: http://cottonandtravel.com/fr/dormir-chez-lhabitant-chinchero-perou/

L’article et les photos sont réalisées avec l’accord des tisseuses rencontrées à Chinchero.

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2 thoughts on “Tradition textile Inca: Les secrets des tisseuses de Chinchero, Pérou.”

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