Pour atteindre Huaraz, il nous aura fallu à Sacha & moi, 3h de bus depuis Paracas jusqu’à Lima. Puis, depuis Lima, faire 7h de bus jusqu’à Huaraz. Ca été un vrai périple car notre premier bus a eu plus d’une heure de retard, nous sommes arrivés seulement 15 minutes avant le départ du second bus. Et ce n’était pas au même terminal…. C’est donc après une course en taxi que je ne sais par quel miracle, nous avons réussi à prendre notre second bus (sûrement parce que lui aussi est parti en retard…). C’est au petit matin, épuisés que nous arrivons alors dans la ville de Huaraz.

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Pas le temps de se reposer, Sacha me propose une ballade dans Huaraz puis 2h de randonnée dans les montagnes pour avoir une vue plongeante sur la ville et ses alentours.

Il faut dire que Sacha ne s’arrête jamais… Il a milles vies. En Patagonie, il tient une boutique familiale d’équipements de montagne. Il est également coach sportif, nutritionniste et secouriste. À ses heures perdues, il fait du snow, de l’escalade ou de la course à pied dans la montagne.

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Sacha arrive presque en haut, lorsqu'à côté de nous, l'américain chute depuis le haut du rocher ! Tout le monde crie ! Sa petite amie arrive à retenir la corde à la force de ses bras et le stoppera à seulement un mètre du sol ! Mais que s'est-il passé? En fait, l'argentine a compris que son copain voulait descendre en rappel seul et elle a enlevé son mousqueton de sécurité qui l'assurait. Lui, pensait que sa copine le faisait descendre normalement et s'est laissé glissé en arrière de tout son poids pensant qu'il était assuré... Bref, une incomprehension de langage qui a bien failli lui coûter la vie ! La pauvre fille, ayant retenu la corde à la force de ses bras, s'est brûlée tout les doigts où des énormes cloques étaient déjà apparues. Heureusement, en bon secouriste, Sacha avait tout son matériel pour la soigner. Nous la reverrons le soir avec les deux mains entièrement bandées !
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C'est donc à mon tour de monter.... Après ca, j'ai juste envie de faire demi-tour mais je ne veux pas décevoir Sacha ! J'attrape un premier rebord et tente de trouver un appui pour mes pieds. Le début est difficile, je tremble légèrement, je suis crispée, puis petit à petit je commence à apprécier les sensations. Ca n'a pas été aussi simple que ce que je pensais mais finalement cette première montée s'est bien passée ! Ce qui n'a pas été le cas de la seconde ! Beaucoup moins d'accroches et plus raide, je suis bien restée bloquée 15 minutes, au milieu du mur, en criant "Je n'y arriverai jamais, c'est impossible, je n'ai plus de forces "! Impossible de trouver où mettre mon pied pour m'appuyer, impossible de trouver un rebord assez profond à attraper avec ma main. Sacha me réponds "Si tu penses que c'est impossible alors tu n'y arriveras pas, c'est sûr, veux-tu abandonner et redescendre?" Il a réussi à piquer mon ego ! Moi qui adore les sports extrêmes, ce n'est pas dans mon habitude de renoncer ! A bout de forces, je m'élance une dernière fois et je ne saurai comment l'expliquer, j'ai trouvé cet appui qui me permettra de venir à bout de ce mur ! Ca n'a pas été de tout repos mais j'ai vraiment adoré cette sensation. Tu dois rester calme et réfléchi, réussir à trouver une solution par toi-même, même si tu as peur, même si tu es dans une situation inconfortable. Des qualités importantes lors d'un tour du monde ! Finalement dans l'escalade, c'est avant tout le mental qui prime!

Le lendemain, nous partons en trek dans la réserve de Huascaran pour découvrir la Laguna 69. Il faut dire que je ne sais pas du tout à quoi m'attendre car c'est Sacha qui a tout prévu. Je sais juste que l'on va beaucoup randonner dans la montagne, que ce sera physique et que l'on dormira une nuit sur place, dans sa tente. C'est donc à l'aveuglette que je l'ai suivi, chacun son gros sac sur le dos; moi d'environ 7 kilos et Sacha d'au moins 11! Et oui, en bon gentleman, il a voulu porter tout l'équipement pour camper et les provisions !

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C'est 3 heures de trajet en collectivos qui nous attendent avant d'arriver au point de départ du trek. De là, nous entamons une marche entre grandes prairies et montées rocheuses. L'objectif final était d'atteindre la Laguna 69 tout en haut du sommet à 4600 mètres d'altitude. Mais sur le chemin, nous rencontrons un guide qui nous prévient que le temps n'est pas bon, qu'il y fera très froid et que la lagune est entourée de roches. Pour camper, ce n'est donc pas l'idéal ! Il nous conseille de camper à la première lagune, un peu plus en bas, où il y aura une grande prairie ! Un peu déçus, car nous aurions aimer camper en face de la lagune, nous préférons tout de même écouter les conseils du guide.
En chemin, nous avons dû régulièrement enjamber des cailloux ou des morceaux de bois pour traverser des rivières qui sont sur le point de deborder. Nous croisons également très régulièrement des vaches en totale liberté!
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Cela fait deux heures à présent que nous randonnons. Et je commence déjà à être bien fatiguée. Il faut dire que je n'ai pas l'habitude de randonner, encore moins avec un sac sur le dos et à 4000 mètres d'altitude... Je demande alors à Sacha combien de temps il nous reste. Il me répondra: "Ce n'est pas le temps qu'il nous rester à parcourir qui importe mais ce que nous avons déjà parcouru..." Je reste donc sur cette énigme et je tente de m'auto encourager en pensant à mon héros Mike Horn :p !

Peu de temps après avoir commencé notre trek, une pluie forte s'est abattue sur les montagnes du parc de Huascaran. Cette épreuve physique est alors devenue un véritable enfer boueux. Après 3 heures de montée, nous arrivons enfin à la première lagune où nous établirons notre campement. Il nous faut sauter par dessus la rivière pour installer la tente à l'abri du vent. Sacha ira récolter l'eau de la rivière pour la faire bouillir et ainsi nous abreuver et préparer la soupe pour le dîner. Il est presque 17h. Il nous faut vite installer la tente et ce malgré la pluie. A bout de quelques heures, je sens la pluie tomber sur mon nez...
Ni une ni deux, Sacha sort et installe une couverture de survie pour imperméabiliser la tente. Heureusement qu'il est là, sinon ce camping aurait pu devenir un véritable enfer. Il va pleuvoir jusqu'au petit matin... et le froid est glacial. Nous pouvons enfin nous reposer dans la tente, trempés et pleins de boue. Silence absolu... nous écoutons juste la pluie s'égoutter sur la tente et.... les vaches ! Et oui, elles sont très curieuses et surtout l'une d'entre elle qui a décidé de passer la nuit à côté de nous. Bien trop curieuse, elle venait même jusqu'à renifler la tente ou nous suivre lorsque nous allions ''aux toilettes''.... Sacha devait régulièrement se lever pour faire des grands gestes en criant et l'apeurer mais elle revenait toujours au bout de quelques minutes !
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C'est au lever du soleil que nous nous réveillerons. La nuit a été très difficile, de par la pluie et le froid. Mais en sortant de la tente, quel spectacle ! Une magnifique montagne enneigée apparait alors sous la brume matinale.

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Quelques biscuits en guise de petit déjeuner, puis nous repartons pour une bonne heure de montée bien plus difficile que la veille pour atteindre la Laguna 69, à 4600 mètres d'altitude. C'était vraiment très dur, car la fatigue de la veille se faisait sentir. Mes jambes n'arrivaient même plus à se lever, et j'avais beaucoup de mal à respirer à cause de l'altitude. Mais cela en valait tellement la peine...Le paysage était magnifique. Nous avions une vue imprennable sur notre pairie et la première lagune.
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Puis au détour d’un virage… Des nombreux rochers d’un bleu gris magnifique, deux énormes montagnes enneigées, cachées légèrement par la brume du matin…Un léger vent glacial qui caressait mon visage.

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Puis, elle est apparue, illuminée par quelques rayons du soleil, d'un bleu azur dans lequel se reflétaient les montagnes... la Laguna 69. Je n'avais jamais vu un spectacle aussi incroyable de ma vie. Je me croyais au bout du monde. Un monde silencieux où régnait la pureté et l'immensité. Nous sommes restés là, pendant bien deux heures, assis, à profiter de cette tranquillité et de cette beauté. Comme nous avions été les seuls à camper aussi haut, nous sommes arrivés les premiers à la Laguna 69 et sommes restés seuls à en profiter, ce qui nous a d'autant plus permis d'apprécier ce moment.
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Il est malheureusement temps de repartir. 5 heures de descentes nous attendaient...Nous avons pu admirer à nouveau le paysage et deux énormes lagunes de montagnes pour finir ces deux jours de trek en beauté.

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A nouveau 3 heures de collectivos avant de rentrer nous reposer à l'auberge et de terminer ma superbe semaine à Huaraz avec Sacha ! Le lendemain, je repartais en effet, seule, vers Iquitos pour mon incroyable aventure dans la jungle Amazonienne !

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